pollution-humour

Depuis le 16 janvier 2017, les automobilistes désirant rouler légalement dans Paris doivent posséder la vignette cri’tair. Initiative louable pour certains, solution illusoire pour d’autres, les avis divergent d’autant plus que la fermeture des voies sur berge a entraîné une hausse de 50% du taux de pollution par rapport à fin 2015. De plus, le bonus attribué aux voitures hybrides n’est pas reconduit cette année mais à quoi joue donc l’état ?

A chacun son crit’air
L’année dernière, j’avais écrit un article « quel certificat qualité de l’air pour ma voiture ? » sur le fonctionnement des nouvelles vignettes crit’air qui ont pour objectif de réduire les particules fines, l’un des principaux polluants qui entraînent un risque de maladies respiratoires et cardio-vasculaires. La mise en place de cette action menée par Ségolène Royale, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a longtemps été retardée. Initialement lancée en juillet 2016, elle est devenue finalement obligatoire dans la capitale en Janvier 2017.

Le principe vous le connaissez si vous habitez sur Grenoble, Lyon, Villeurbanne et Paris, vous devez acheter une vignette d’une valeur de 4,18€ à cette adresse officielle. Rappel : Seul le site du gouvernement est habilité à vous vendre des certificats qualité de l’air, méfiez-vous donc des sites arnaqueurs ! Cf l’article de l’UFC Que-Choisir ICI. Selon le type de véhicule que vous possédez, vous avez une vignette de couleur différente que vous devez apposer sur le pare-brise de votre voiture (comme anciennement les pastilles vertes;)) En fonction des mesures prises lors des pics de pollution notamment, vous aurez certaines facilités ou contraintes à rouler avec votre véhicule.

Nota Bene : Ne sont pas pris en compte dans ce classement, les véhicules datant d’avant 1997 et ceux roulant à l’éthanol. Personnellement, j’ai une voiture de 2009 qui peut rouler à l’éthanol (E-85 en station) et comment prouver aux forces de l’ordre si je me fais arrêter que je roule à l’éthanol et que de ce fait, je n’ai pas à payer d’amende? Pas sûre, que l’agent soit très coopératif si je lui demande de sentir le carburant dans le réservoir de mon véhicule ou si je lui montre le ticket de caisse prouvant ma bonne foi ;)

Les détracteurs de ce nouveau dispositif mettent en avant le fait que ce sont toujours les mêmes personnes à faibles et moyens revenus qui sont taxées, celles qui n’ont pas les moyens de se payer un véhicule moderne moins polluant. En effet, depuis mi-janvier, les véhicules diesel immatriculés entre 1997 et 2001, rentrant dans la catégorie 4 et 5 ne sont plus autorisés à circuler dans les zones polluées. Avec le scandale du « Dieselgate », quelles garanties avons-nous automobilistes que le dernier véhicule récent de chez Volkswagen (et les autres constructeurs ne sont probablement pas non plus irrépréhensibles) aura réellement un impact faible sur les émissions réelles d’oxyde d’azote (NOx) dégagées ? Une enquête en France auprès des constructeurs français devait d’ailleurs être menée pour confirmer la fiabilité des tests des contrôles antipollution. Quelqu’un en a-t-il vu la couleur ?

Fin du bonus pour les hybrides non rechargeables

Après un essai concluant en Toyota Prius l’année dernière (cf mon essai que vous pouvez retrouver ICI), je réfléchissais sérieusement à la possibilité d’acheter un modèle hybride. Manque de pot, l’état a supprimé son bonus depuis début 2017 ! Je ne comprends plus, on veut favoriser les véhicules moins polluants mais on supprime les bonus écologiques sur les véhicules hybrides non rechargeables au profit des véhicules électriques. Pour information, plus de 70% de la la production totale d’électricité en France provient des centrales nucléaires. L’intérêt de l’état est-il véritablement de baisser le taux de pollution du parc automobile français ou cette pseudo-conscience écologique n’est-elle pas plutôt un moyen détourné de taxer encore davantage les français et de favoriser les constructeurs nationaux pro-électrique ?

La fermeture des voies sur berge

Sujet ayant rencontré de vives polémiques depuis sa mise en œuvre, le constat de la fermeture des voies sur berge est à première vue sans équivoque. Par rapport à la période allant de septembre à décembre 2015, les experts constatent que les émissions en matière d’oxyde d’azote ont augmenté au taux effarant de 53 % tandis que les particules fines ont enregistré une hausse de 49 % sur les quais hauts rive droite. Pour rappel : la fermeture des voies sur berge a été décidée par Anne Hidalgo car le trafic « génère aujourd’hui deux tiers des émissions de dioxyde d’azote et 56% des particules fines dans Paris. »

En menant une enquête un peu plus poussée, on s’aperçoit cependant que les conclusions d’Airparif sont plus mesurées. « les niveaux mensuels (liés à la fermeture des voies Georges-Pompidou) ne montrent aucune tendance claire imputable à la seule fermeture des voies sur berges. Sur le quai haut : les niveaux de pollution sont de l’ordre de 10% plus faibles sur le trottoir côté Seine, que sur le trottoir côté bâtiments. De même, sur les quais bas, les cyclistes et les piétons sont exposés à des niveaux de dioxyde d’azote 25% moins importants, que sur le trottoir coté Seine des quais hauts. Ces différences s’expliquent essentiellement par rapport à la distance du trafic routier. » De nouveaux rapports plus complets seront présentés courant 2017 afin de pouvoir statuer sur la fermeture définitive de la voie Georges-Pompidou si un réel impact positif sur le niveau de dioxyde d’azote est constaté.

L’environnement et l’écologie sont devenus des enjeux tellement économiques et politiques que nous sommes en droit de nous poser des questions sur le véritable intérêt que l’état et les constructeurs automobiles ont dans ce domaine. Pourquoi le gouvernement choisit toujours la taxation et la répression comme « solution » à un problème ? Comment pouvons-nous, automobilistes être certain que le choix de notre véhicule aujourd’hui est le moins polluant si nous n’avons pas la preuve que les contrôles antipollution des fabricants ne sont pas truqués ? Et pourquoi favoriser les voitures électriques dont l’énergie dépend du nucléaire ?

​​Anne "Mecagirl"

Je préfère avoir les mains sous le capot plutôt qu'au fourneau. Je m'amuse à jouer avec les stéréotypes et à détourner les clichés. Ma titine, je l'aime et je suis fière de prendre soin d'elle.

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